L’antre est paisible, anormalement chaud
Le crayon aligne des promesses incertaines
Le chant de l’oiseau rature la beauté du geste
Les mots tombent dans la nuit, dans l’oubli
Glissent placidement sur la peau de la femme
Les becs affamés en picorent la parure
Gestes insoutenables
Où se dérobent la pudeur
Et la honte
Le cri reste inaudible aux regards
La main reste muette
Inerte
Face au cordon frêle qui se tord
Dans ce repaire tiédi par la peur
Les mots se frappent
Se mordent
S’entortillent
Se fracassent
Les uns contre les autres
Ils griffent l’intérieur de la paroi
Distordent la Peau de femme
Informe
Difforme
Monstrueuse
Les noms communs se cognent contre les dents
Supplice, délire, phantasme
Les adjectifs poussent entre les ongles
Horrible, terrifiante, fantasque
Les verbes pronominaux s’insinuent entre les lèvres
Ils s’agglomèrent, se débordent, se résorbent
Les conjonctions s’étirent dans l’abdomen
Toutes les phrases se ruent
Dans l’interstice de la langue
Elle se soulève, gonfle, grandit
Elle touche le palais
Devient baleine sans nageoire
Les mots dégoulinent
En geysers
Dans l’interligne des pores
Dans les trous perforés par les attaques
Ubuesques
Animales
Bestiales
Les bleus se lisent ligne après ligne
Sur la toile mouchetée
De la Peau de femme