Rien n’est immuable
L’ombre de la culpabilité plane dans l’iris de ses regards apeurés. Sa pupille se dilate, l’obscurité le ronge. Chaque mouvement est déséquilibré par cette noirceur, cette détestation de son propre corps. Il se cache derrière un humour sanglant, son rire se noie entre ses dents. Elle ne voit rien de cette souffrance aphone […]
Paul
Les mots se bousculent dans sa bouche, elle ne peut plus contenir le flux vocalique permanent qui remplit le vide de sa cavité buccale.
Katherine
L’éthanol dévore les nœuds de son œsophage. Elle brûle les décibels de son indifférence, se noie dans les alcôves de son insignifiance
Rien n’est immuable
L’évidence même la fige, pétrifiée sur la croix de sa surdité, sacrifiée dans l’âtre de son manque de lucidité. Elle ploie au gré des tourments de son adorable bourreau. Sublime débile, muette d’idolâtrie […]
Rien n’est immuable
Depuis lors, une idée obtuse prit forme dans les venelles de son cerveau, et grandit en se nourrissant du silence et de la quiétude de ce désert vert amande
Paul
Dysmorphie
Dans ce combat perpétuel,
Dysmorphie
apparaît l’Homme
Universel
Mescal de meurtres et de vies
Le premier geste s’imprime
Première danse bucalique
Dans la genèse indélébile
des pas anthracites de l’univers
La conscience altière traverse sa matérialité
Dysmorphie
Parcourue de frissons
Les mots sibyllins s’évaporent tourmentés
Maux dansés
Écrits dans le vide du ciel profané
Hurlés comme la blessure primaire
Sous le bleu de sa carne nouvelle
L’Univers ne se reconnaît plus
Dysmorphie
Dans les multiples particules de la potentialité
Fatalité de l’homme premier
Dysmorphie
Sa volonté a ployé
Le prurit s’est érodé
Aux frottements de leurs doigts
La seule échappatoire
Semble résider dans la fuite
Errance illusoire
Dans les sinuosités de la pesanteur
Angoisses ontologiques
Dysmorphie
Se contenter de soi et des failles telluriques